En 1610, le fils puîné du roi Ralambo, le nommé ANDRIANJAKA s'empara de la colline d'ANALAMANGA et en fit la capitale de ses états. Avant de régner et du vivant de son père Ralambo, ce prince avait contribué à l'extension du royaume de l'IMERINA, nom donné par son père (le nom de capitale "Imerimanjaka" ayant été utilisé pour la première fois par sa grande aïeule la reine RANGITA)..Il réussit à s'emparer de la Cité des VAZIMBA car ces derniers ne possédaient que des sagaies à la pointe d'argile durcie qui ne faisaient pas le poids devant les armes en fer et les premiers fusils que le prince avait achetés à des marchands ambulants venus faire du commerce à l'intérieur de l'île.
La plupart des habitants de la colline bleue, Analamanga, se rendirent devant la supériorité des forces d'en face, et Andrianjaka, pour gagner le coeur de ses nouveaux sujets, combla d'honneur les familles les plus marquantes et, en particulier, celle d'Andriampirokana connue sous le nom d'ANTEHIROKA.
Il accorda à cette famille le privilège d'inaugurer tout ce que le roi entreprenait et de présider à la circoncision des jeunes fils de rois. Ces honneurs ont été transmis à ses descendants. Il éloigna cependant, par précaution de sa cité, des personnages influents comme ANDRIAMBODILOVA, fils d'ANDRIAMPIROKANA.
Le nouveau roi ne se contenta pas d'honorer les vivants: il rendit aussi aux morts les plus grands honneurs et c'est alors que commença le culte rendu aux mânes des Vazimba. Le tombeau d'Andriampirokana à Antananarivo, et peu après celui d'Andriambodilova à Ambohimanarina (époux de la célèbre ondine RANORO qui habite le lac d'Andranoro à Ambohibao) et celui d'Andriantsimandafikarivo à Ambohitriniarivo devinrent des lieux de pélérinage.
Tous les différents rois qui se sont succédés à Antananarivo rendirent aux mânes de ces rois Anehiroka le même culte qu'à leurs propres ancêtres, et offrirent en sacrifice un boeuf "volavita" (de couleur rouge et blanc) pour obtenir leurs faveurs. Ce culte rendu aux Vazimba dura quelques siècles, mais quand ANDRIANAMPOINIMERINA régna vers la fin du XVIIIème siècle, il trouva que ces Vazimba étaient trop éloignés dans le temps et il orienta son peuple vers les ancêtres royaux plus proches.
"Je me rappelle mes ancêtres", déclara-t-il à son peuple réuni, "car je suis le maître de la terre. Je suis le descendant des douze rois mes prédecesseurs, et ceux qui ne respectent pas mes ancêtres seront mis à mort".
Ce culte à rendre aux mânes des ancêtres royaux qui reposent sur les douze collines "SACREES" fit l'objet d'une tradition nouvelle observée à partir du règne d'Andrianampoinimerina, tradition à respecter au moment de la période du Bain royal (appelé "FANDROANA" à la nouvelle lune du Nouvel An malagasy). Ses douze épouses devaient se rendre chacune sur chaque colline sacrée, pour présider les cérémonies de sacrifice des boeufs, y distribuer la viande et faire des prières en invoquant le nom des collines à commencer par Ampandrana, Imerimanjaka, Alasora, Ambohitrabiby, Antananarivo, Ambohimanga, Ambohidratrimo, Ilafy, Namehana et d'autres collines sacrées.
La dynastie des Andafiavaratra (les descendants d'Andriantsilavonandriana et de Rainiharo) avaient du sang vazimba dans leurs veines, et le terrain sur lequel est érigé l'actuel Palais du Premier Ministre d'Andafiavaratra appartenait à Andriampirokana.
A ce culte des ancêtres royaux s'ajouta aussi celui rendu aux IDOLES royales, et c'était cette forme de religion que tous les souverains après Andrianampoinimerina héritèrent jusqu'à l'adoption du christianisme par la reine RANAVALONA II et le Premier Ministre & Commander in Chief RAINILAIARIVONY, son époux en 1869.