TANIKO: MORCEAUX D'HISTOIRE & GENEALOGIE

         "...Ny ranomasina no vala-parihiko!"
                                                      Nangonin'i Moïse Ramilamintsoa

Les Tabous des Idoles royales


Avant l'adoption de la religion chrétienne (le protestantisme) par les plus hauts dignitaires de l'Etat (la reine Ranavalona II et son époux Rainilaiarivony, Premier Ministre et Commander in Chief, tous les souverains, pour gouverner, faisaient appel à l'astrologie (répandue par les Antemoro), aux idoles, et à l'épreuve du tanguin.

Les idoles étaient des représentations de FORCES DIVINES, et la première idole connue fut celle dénommée "RAKELIMALAZA", car déjà le roi Ralambo lui faisait confiance, ainsi que son fils Andrianjaka et ses descendants Andriamasinavalona, Andrianampoinimerina et Rabodonandriampoinimerina, alias Ranavalona I

Andrianampoinimerina avait choisi, après avoir testé leur "efficacité" et leur "sainteté", douze idoles sacrées, laissant les autres au peuple et ces idoles royales furent placées sous la surveillance de gardiens, au pouvoir plus ou moins étendu, suivant le souverain régnant.

Après "Rakelimalaza", il y avait par ordre d'importance les idoles nommées RAMAHAVALY, RAFANTAKA, MANJAKATSIROA, RABEHAZA, RATSIMAHALAHY, RAMASOANDRO, RAMANJAIBOLA, RAFARORATRA, RATSIMITAKO, RAHODIBATO, RABEFARAVOLO.
Chacune de ces idoles avait sa spécialité et elles devaient figurer dans la suite royale à chaque déplacement du souverain.

Du fait de ce rôle important qu'elles assumaient, ces idoles étaient entourées de toutes sortes de TABOUS qu'il fallait observer, et sur lesquels veillaient leurs gardiens, jour et nuit, mais aussi le peuple, du fait de ce rôle de protection que ces idoles jouaient sur la personne royale. Chaque idole avait ses tabous particuliers.

Ainsi, pour la reine des idoles, Rakelimalaza, les gardiens interdirent le porc, la chèvre, les escargots, le sel extrait du jonc de la passion. Ces produits ne devaient jamais pénétrer dans le village où l'on gardait l'idole.

Certaines variétés d'arbustes aussi furent frappées par le même interdit. De même, les gardiens de cette idole ne pouvaient pas élever des animaux à poil ou à plumage noir, les boeufs ou autres animaux sans cornes.

D'autres produits ne devaient pas être consommés par les gardiens de cette idole: les anguilles, certaines brèdes, les viandes provenant des animaux abattus lors d'un décès. Ces gardiens devaient mener une vie particulière, car ils ne pouvaient pas pénétrer dans une maison où il y avait un décès, même s'il s'agissait de leurs propres familles. Ils ne pouvaient pas non plus porter de chapeau, ni travailler aux champs le samedi. Il était interdit aussi de détruire les nids d'oiseau appelé "takatra", genre d'ombrette, car l'idole Rakelimalaza l'aurait adopté comme ami, et ce fut la raison pour laquelle les boeufs abattus pour cette idole devaient être de couleur brunâtre comme cet oiseau.

Même si ces idoles étaient INVISIBLES, elles étaient tout de même représentées par des colliers de perles, des bouts de bois, enveloppés dans un "lamba" (tissu) en soie de couleur rouge. Et quand ces étoffes étaient usées, il fallait les remplacer par des neuves. La fabrication de ces étoffes fut un travail spécial car il fallait tout terminer dans la même journée: l'extraction des fibres des cocons, le lavage, le filage, la teinture, le tissage, l'assemblage, et durant ces heures laborieuses, les différents artisans avaient à peine le temps de penser à autre chose.

La plupart des tabous cités étaient aussi observés pour toutes les idoles existant à cette époque jusqu'à leur destruction par la reine RANAVALONA II en 1869, quand elle eut adopté la religion protestante.

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